Penser à devenir;
Se préparer à « être »;
Devenir …….infirmière.
Le diplôme en poche vous voilà propulsée dans le monde du travail, dans le monde médical. Félicitation quand même!
Un concours d’entrée réussi, et 3 ans de formation plus tard…
Oui un diplôme qui vous donne le droit d’exercer. Dans quelle branche?, dans quelles conditions, pour soigner qui? ,
pour prétendre à quoi?
Et bien d’autres questions encore qui se poseront en fonction de votre caractère, de votre maturité, des stages effectués et des « ressentis » pendant les stages.
Alors, il faut faire le « tri »: ne postulez pas dans un domaine que vous ne maîtrisez pas. En effet ce n’est pas par ce que vous avez le droit d’exercer que vous pouvez vous essayer sur les patients. Renseignez vous!! le service vous intéresse mais vous ne savez pas si bien que ça en quoi consiste les soins? Demandez si une formation en « doublure « est possible pendant quelques jours ou quelques semaines.
Il n’y a pas de honte à ne pas savoir. Au contraire!! demandez, continuez a vous former par le biais des collègues déjà en place dans le service. Vous y gagnerez en confiance !! vos collègues qui vous formeront sauront pouvoir vous faire confiance. Et soyez convaincu que les patients savent très bien faire la différence entre « une qui sait pas » et une « professionnelle ».
Alors? Privé? Public?
Les deux ont leurs avantages:
Privé: des salaires aujourd’hui équivalents à ceux du public, vous pouvez négocier la reprise de l’ancienneté. Généralement , il y a un 13 ème mois ou prime de fin d’année + une participation aux bénéfices + un CE ; des heures supplémentaires payées ou récupérées.
Public: vous pouvez faire « transférer » votre contrat de travail sans perte d’avantage dans un autre hôpital si votre mari devait être muté par exemple. Les formations intra hospitalières sont courantes, et les changements de services aussi pour celles qui aiment « bouger ».
Intérimaire : la plupart du temps les missions intérim se feront au sein de cliniques privées. Salaire calqué sur l’ide que vous remplacerez + prime de déplacement+ prime de fin de mission+ repas payé+ hébergement si loin de chez vous (a négocier)
l’intérim conviendra aux IDEs qui ont soif de continuer à apprendre mais qui sont suffisamment expérimentées dans leurs pratiques car pas d’encadrement possible. Une grande disponibilité, une grande confiance en soi justifiée par une technique irréprochable et une capacité d’adaptation extraordinaire sont des conditions indispensables!
Quelle branche?
Médecine: cardiologie, pneumologie, astro-entérologie, ORL, néphrologie,neurologie,gynécologie, maternité, diabétologie, Gériatrie, réadaptation, moyen séjour, long séjour?
urgences, réanimation, bloc opératoire?
Hémodialyse, laboratoire d’analyse, HAD, transplantation?
Chirurgie: viscérale, ortho-traumatologique, reconstructrice, gynécologique, vasculaire?
Pédiatrie : néonatalogie ou pédiatrie?
Psychiatrie: de l’enfant ou de l’adulte?
centres pour handicapés, centre de désintoxications?
PMI?, Nucléaire ?oncologie? Radiothérapie? Libéral?
Scolaire? Centre de Transfusion? entreprise? Humanitaire? Armée?…
Et j’en ai sans doute oublié…
LE SOIN MOMENT PRIVILEGIE :
« Parler le geste de soin qu’on va réaliser le modifie, le faire sans parler enferme les deux partenaires du soin dans cette relation asymétrique où l’un intervient sur l’autre qui plus est sur le corps de l’autre! »
EXEMPLE /LA REFECTION DU PANSEMENT:
Souvent fait le matin, si vous manquez de temps, prévenez votre patient! ce sera fait l’après midi. Il vaut mieux un soin bien fait l’après midi que baclé le matin!!
LE PATIENT : UNE PERSONNE EN SOUFFRANCE?
Quelque soit le service, la spécialité, l’infirmière doit être consciente de l’importance d’une approche pluridisciplinaire, être capables detravailler en équipe pluriprofessionnelle: NON vous n’etes pas seule a travailler dans le service, des professionnels peuvent intervenir sur demande pour aider le patient et faciliter sa prise en charge ( assistance sociale pour préparer la sortie dans de bonnes conditions, spychologue pour aider le patient et sa famille après l’annonce d’une rechute par exemple, l’infirmière « douleur », l’infirmière « soins palliatif »).
Même à domicile, des aidants peuvent intervenir. Commencer par la famille, ne les excluez pas du soin, ils feront la liaison entre vous et le medecin ou l’auxcilliaire de vie si vous ne pouvez la les rencontrer. Ils peuvent aussi être à même de faire certains soins en dehors de votre présence.
Expliquer les gestes, pourquoi on les faits et ce que le patient risque si ils ne sont pas fait. (soins de bouche par exemple chez les patients qui ne s’alimentent pas par la bouche; massages, hygiene, hydratation…). D’autres aidants peuvent intervenir à votre demande (assistante sociale, service d’aide à la personne, kiné, réseau de soins palliatifs…).
L’infirmière doit participer à la création d’un projet éducatif, pratiquer l’écoute active avec les patients, prendre en compte l’expérience et les compétences du patient : OUI le patient se connaît mieux que vous ne le connaîtrez, il sait quand il a mal, il connaît aussi ses limites. Écoutez le et prenez en compte ce qu’il vous dit.
Elle doit appliquer une méthodologie, analyser régulièrement leurs pratiques d’éducation. Savoir se remettre en question est une qualité rare et nécessaire. Le patient n’écoute pas vos conseils? Avez bien pris le temps d’expliquer les choses, avez vous proposé un compromis?
Public ou privé : contexte de travail parfois difficile, éventuellement conflictuel, épuisant, en sous-effectif. Mais très formateur si on s’en donne la peine. Et necessaire quelques années si on est « attiré » par le libéral! des « reflexes » sont a acquerir. (Dépistage, diagnostics, éducation, technicité,…) CAR:
en Libéral on travaille seule. Pas d’aide pour les soins infirmiers à l’horizon. 1 ACTE 1/2 sur 3 est « payé » à 60 % par la secu et le reste par le patient si il peut ou par sa mutuelle.
Services accueillant des personnes atteintes de maladies chroniques: elle a pour but d’aider les patients à acquérir ou maintenir les compétences dont ils ont besoin pour gérer au mieux leur vie avec la maladie. Par des interventions centrées sur le développement des compétences et l’accompagnement des changements de comportement, l’éducation devrait contribuer à réduire les complications tout en améliorant la qualité de vie des personnes. L’acquisition des compétences est favorisée par des processus qui accompagnent leur développement : l’adaptation à un corps meurtri, au changement
d’identité, à la perte de repères : « Qui suis-je si je ne travaille plus, si je ne peux plus tenir mon rôle familial, si un handicap d’apparence m’enferme dans une image ? »
Le malade doit s’adapter au changement, améliorer constamment ses performances, formaliser un projet avec l’intention de s’y engager, croire en sa capacité à réaliser une action. La tâche est colossale car, pour le professionnel de santé, il s’agit de puiser dans les forces vives de la personne soignée tout en débusquant l’élan vital favorable au désir commun du mieux vivre. Désir commun puisqu’en effet n’est-ce pas le voeu du professionnel que le patient dispose des compétences qui lui permettent de maintenir une santé satisfaisante ?
Éduquer le patient est une démarche incontournable de la prise en charge thérapeutique : près de la moitié des patients n’adhèrent pas pleinement à leurs traitements. Ce défaut d’adhésion est à l’origine d’une mauvaise qualité de vie et d’un recours plus important aux soins d’urgence. En plus du manque d’informations sur la maladie, de nombreuses raisons peuvent expliquer cette faible adhésion thérapeutique : représentations de la maladie et des traitements, acceptation non réaliste de la maladie, traumatisme lors de l’annonce d’un diagnostic. Bien que les soignants soient très compétents dans l’établissement du diagnostic de prise en charge médicale, trop peu encore éduquent et forment leurs patients à gérer leur maladie.
Trop peu les accompagnent dans une conduite autonome de leur affection. Plusieurs explications peuvent être avancées : le manque de temps, mais aussi l’absence de prise de conscience, par certains professionnels, de la nécessité d’éduquer le patient. La formation initiale de la plupart des soignants reste très largement centrée sur la dimension technique du soin et moins sur sa composante relationnelle, alors que son rôle est fondamental pour que les traitements puissent être pleinement efficaces.
Aujourd’hui, il faut donc que les soignants développent des savoirs, des capacités, des attitudes en éducation thérapeutique du patient, autrement dit qu’ils développent des compétences!
Les professionnels de santé ont souvent du mal à articuler les savoirs du patient avec leur façon de travailler , si bien que, malgré la volonté de développer des capacités relationnelles en adoptant une posture bienveillante, les soignants éprouvent souvent des difficultés à se rendre disponibles physiquement comme mentalement.
Pour écouter vraiment, il faut qu’il y ait décentration de soi, avec distance, absence de jugement, mise entre parenthèses des normes avec lesquelles le soignant travaille. Il ne faut donc pas seulement écouter pour écouter, il faut savoir pourquoi on écoute, quand et comment.
La notion d’écoute est souvent associée à la nécessité d’être « emphatique », c’est-à-dire d’être capable de se décentrer pour véritablement entendre et comprendre l’autre, dans ses modes de fonctionnement et de raisonnement.
L’enjeu est de s’abstenir de tout jugement et de créer une relation de confiance :
Pour réussir à entrer en relation avec le patient, le professionnel doit aussi apprendre à faire connaissance avec lui-même (identifier ses propres représentations) tout en repérant ses dispositions (son potentiel et ses limites) à pratiquer l’éducation. Il doit apprendre à chercher, avec le patient, le sens que ce dernier donne à ses pratiques. Ce n’est pas parce que quelqu’un a donné un sens à un acte qu’il y adhère.
L’enjeu n’est pas tant de « donner le sens » que de « trouver un sens » : « Qu’est-ce donc que cette maladie qui vient aujourd’hui, avec laquelle il va falloir que je compose ? » Le professionnel doit savoir reconnaître et gérer son émotion tout en anticipant sur l’impact de ce qu’il va dire à la personne à qui il s’adresse. Il a en face de lui quelqu’un avec qui il va devoir construire un projet et, dans certains cas, des émotions très fortes peuvent perturber la rencontre entre les deux. Il faut donc apprendre à mettre « une distance dans la relation » sans la rompre. L’enjeu consiste à éviter l’essoufflement de l’un ou de l’autre, tout en laissant toujours « une porte ouverte » (par exemple, une infirmière qui se sent trop occupé doit pouvoir passer le relais à l’un de ses collègues).
Alors restons humbles, humaines, patientes, et attentives. Restons souriante et disponible autant que possible.
Et pour finir une légende?
Quand Dieu créa l’infirmière, il fit des heures supplémentaires. C’était le 6 ème jour.
Un ange lui dit: « Seigneur, vous travaillez déjà depuis longtemps à ce modèle! »
Le bon dieu répondit: « As tu la longue liste des attributs spéciaux inscrits sur la commande ?
L’oeuvre doit être en plastique. Elle doit avoir des nerfs d’acier et un dos résistant à toute épreuve tout en étant docile et gracieuse afin de se sentir a l’aise dans les chambres de service bien trop petites. Elle doit pouvoir faire 5 choses en même temps tout en gardant toujours une main libre.
L’ange secoua la tête et dit: « par contre, les trois paires d’yeux que doit avoir le modèle standard me pose de sérieux problèmes. Deux yeux pour voir la nuit à travers les murs pendant les veilles et pour pouvoir surveiller 2 unités, 2 yeux derrière la tête pour pour voir ce qu’on aimerait lui cacher mais qu’elle doit absolument savoir, et bien sûr 2 yeux là devant qui regardent le patient et qui lui disent: « je vous comprends, je suis là, ne vous inquiétez pas. »
L’ange le tira gentiment par la main et lui dit: « allez dormir, seigneur, vous continuerez demain matin; »
« je ne peux pas », répondit le seigneur: « J’ai déjà fait qu’elle ne tombe jamais malade et qu’elle sache se soigner elle même. Elle accepte que dix chambres doubles accueillent 40 patients mais que 10 postes de tavail ne soient souvent pourvus que par 5 infirmières. Elle aime sa profession qui exige beaucoup d’elle et qui lui apporte peu d’argent. Elle sait vivre avec des horaires irréguliers et acceptent d’avoir peu de week end de libre. »
L’ange tourna lentement autour du modèle de l’infirmière.
« le matériel est trop mou » soupira t-il.
« mais il est tenace » répliqua le bon dieu. « Tu ne t’imagines pas tout ce qu’il supporte » « peut elle penser? » « non seulement penser ,mais évaluer une situation et faire des compromis » dit le bon dieu.
L’ange se pencha plus prés du modèle et passa le doigt sur sa joue.
« là je vois une fuite » dit-il.
« je vous ai déjà dit que vous voulez mettre trop de choses dans votre modèle ».
« cette fuite est prévue pour une larme! »
« pourquoi? »
« Elle coule dans les moments de joie, de tristesse, de déception, de douleur et de délaissement »,expliqua le bon dieu.
« c’est la larme qui sert de soupape de trop plein !! »